Festival de cinéma documentaire autour de la table
Le cinéma se met à table

EATFILM est un festival de cinéma documentaire qui prend la table comme point de départ pour parler de la vie. À travers des films venus de différents pays, il explore ce que l’alimentation engage : des relations, des gestes, des cultures. Le festival réunit cinéastes, chefs et publics autour de projections, de dégustations et de rencontres.
LE PROGRAMME
La Spatule d'or
Un championnat du monde de porridge, dans une petite ville des Highlands. Chaque année, Carrbridge s’anime : habitants et concurrents venus d’ailleurs s’affrontent pour une cuillère en bois — la Golden Spurtle. Derrière le concours, des trajectoires, des fidélités, une manière de tenir ensemble. Et, pour certains, bien plus qu’une simple assiette de flocons d’avoine.

Lancement de la première édition du festival en présence des équipes de EATFILM et du CiNey, de l’ambassadrice du festival Manon Fleury, suivi d’un cocktail et de la projection de La Spatule d’or.
Planète chefs
Épisode Murielle Michaeli (La Réunion)
Planète chefs sera présenté à travers un épisode consacré à Murielle Michaeli, cheffe installée à La Réunion. Au fil des marchés, des cuisines et des paysages de l’île, le film raconte une gastronomie façonnée par les migrations, les métissages et les mémoires de l’océan Indien. Plus qu’un portrait de cheffe, un voyage sensible dans une culture où chaque plat porte l’histoire d’un territoire multiple.

Introduction au film par Stéphane Millière, producteur, président de GEDEON Media Group et à l’origine de l’idée du film

Avec : Stéphane Carrel, réalisateur de Planète Chefs; Marine Mandrila, cofondatrice de Refugee Food; Maxime Bonnabry-Duval, cuisinier (ex chef Refettorio), réalisateur. Modération : Farah Keram, journaliste culinaire, autrice de Faire son pain et Cuisines d’Afrique du Nord
L’Almanach d’Agatha
Première française Une ferme, à l’écart. Agatha, quatre-vingt-dix ans, y poursuit ses gestes, saison après saison. Semences anciennes, objets fabriqués, temps tenu à distance du présent. Un monde façonné à la main, avec ses règles, ses rythmes. La caméra s’installe, observe, accompagne. Quelque chose se transmet, sans se dire. Un film sur ce qui persiste. Et sur la possibilité de vivre autrement.
À votre service
Un lycée professionnel. Sweat-shirts et casquettes laissés au vestiaire, place aux uniformes, aux plateaux, aux gestes réglés. On y parle de tradition, de gastronomie, des valeurs du service à la française. Le film fixe l’écart entre cet idéal et la réalité de ceux pour qui c’est souvent le seul chemin possible. Alma, Chaïli, Elias, Sarah, Moussa, Abdoul. Eux apprennent, s’adaptent, encaissent — et tentent de trouver leur place dans un avenir qu’ils n’ont pas choisi. Un film au plus près, vif, sans distance. Et sans illusion.

Q&A avec la réalisatrice Julie Talon et les étudiants et enseignants ayant participé au film. Modération : Yaël Hirsch, journaliste, critique de cinéma et fondatrice de Cult.news, média indépendant consacré au cinéma et à la culture
En fermentation
Fermenter : laisser agir le temps, les bactéries, les milieux. Un processus discret, au cœur de nombreuses pratiques alimentaires. De la Corée aux États-Unis, le chef Edward Lee traverse ces savoir-faire. Il observe, goûte, interroge ce qui transforme la matière. Au-delà des techniques, une relation au vivant. Et une manière de penser ce qui se transmet, se modifie, se partage.

Introduction au film par Thien Uyen Do, vigneronne, fermentatrice et autrice de Fermentation Rébellion

Avec : Malika Nguon, cuisinière, fermentatrice et autrice de Cuisine & fermentations et La fermentation au quotidien; Thien Uyen Do, vigneronne, fermentatrice; Hugo Chaise, fondateur de My Fermentation
Les Glaneurs et la Glaneuse
Des champs, des marchés, des villes. On y ramasse ce qui reste. Glaner aujourd’hui — par nécessité, par choix, par attention. Agnès Varda s’y promène, caméra à la main. Le film avance librement, bifurque, invente sa forme. Une manière de regarder ce que l’on laisse derrière soi — et ce que cela raconte de nous.

Introduction au film par Maxime Bonnabry-Duval, cuisinier (ex chef Refettorio), réalisateur
Inde, les paysans sèment la révolution
Aux abords de Delhi, des centaines de milliers d’agriculteurs s’installent. Tentes, cuisines, assemblées : un espace prend forme. Femmes et hommes, de toutes générations, castes et religions. On y vit, on y travaille, on y discute. Le film s’inscrit dans cette durée. Il regarde ce qui s’organise, ce qui tient. Un mouvement, au quotidien. Une manière, aussi, de redéfinir les conditions de la vie.
Introduction au film par Mickaël Inayatealy, chercheur indépendant en alimentation
Festins imaginaires
Dans les camps du XXe siècle, des hommes et des femmes écrivent des recettes. Ils les notent, les transmettent, les apprennent par cœur. Des plats absents, décrits avec précision. Une mémoire du goût, maintenue malgré la faim. À travers ces cahiers, une forme de résistance. Et une manière de rester en lien avec le monde.

Introduction au film par Anne Georget, réalisatrice


Q&A avec la réalisatrice Anne Georget, modéré par Aïtor Alfonso, journaliste culinaire, enseignant et auteur de Propos de table
Date limite
Des caves d’affinage, des gestes patients, des matières en transformation. Le fromage comme affaire de temps. Fromagers, affineurs, vendeurs. Chacun parle de son travail — et, peu à peu, de ce qui passe, de ce qui reste. Le film prend son temps. Il observe, écoute, laisse les correspondances apparaître. Une méditation discrète sur la durée — et sur nos manières d’habiter le temps.

Introduction au film par Vérane Frédiani, réalisatrice, journaliste et autrice de Cheffes et du documentaire À la recherche des femmes chefs
Katerina Drozdova
Depuis plus de vingt ans, Katerina développe des projets à la croisée de la gastronomie, du cinéma et des idées : restaurants, école de cuisine, festival, projets éditoriaux et collaborations.
Formée au Cordon Bleu Paris en 2014 et installée à Paris, elle passe de la cuisine à l’édition, de la production à la programmation. Ce parcours l’a naturellement conduite à créer EATFILM. Elle y poursuit une même intention : créer des liens autour de la table, entre éducation, liberté et hédonisme.
Créer EATFILM à Paris s’est imposé assez naturellement. La France est un pays où la gastronomie et le cinéma occupent depuis longtemps une place culturelle singulière. Organiser ici un festival international consacré à ces deux disciplines avait quelque chose d’évident.
Le cinéma documentaire autour de l’alimentation constitue déjà un champ riche et exigeant, qui méritait un festival international qui lui soit entièrement consacré. C’est de cette conviction qu’est né EATFILM. Ce n’est pas un projet à court terme.
Pour cette première édition, nous avons vu une cinquantaine de films et en avons retenu dix. Ils parlent de vieillissement, de mort, de renaissance, de faim et de survie — mais aussi d’excellence, d’engagement et de quête d’identité. À travers tous ces récits, une même affirmation de la vie et de sa valeur, à partir de ce que l’on mange. Tous les films dialoguent entre eux.

Manon Fleury
« J’ai toujours rêvé d’un festival comme ça à Paris ! »



